4/4 – A ROVIN’ GAMBLER NOT BORRED – USA TRIP 2019

ONE FOR THE ROAD

Vendredi 22 novembre 2019. Philadelphie. Je suis debout de bonne heure, motivé à l’idée de découvrir cette ville avant de la quitter cet après midi. Le ciel est gris, j’ai les yeux collés et le café du morning breakfast m’appelle. Je marche au hasard des ruelles embellies par ses bâtiments de brique. Les bow-windows couleur sable se confondent avec les escaliers de secours en façade. Je me sens capable d’escalader chacun d’eux. Une devanture cramoisie à la porte brinquebalante m’attire entre ses murs et me voilà enveloppé dans une canopée caféinée et vaporeuse. Je suis seul dans ce coffee shop au charme certain, un énorme yogourt aux fruits m’est servi par des serveuses souriantes. Je l’agrémenterais d’un banana bread et d’un septantième café américain. Assis derrière la fenêtre au simple vitrage, j’admire la ville et ses couleurs matinales. Tout semble tourner au ralenti, particulièrement des ouvriers qui travaillent dehors. Je décompose chacun de leur mouvement, ils prennent le temps. Je les trouve beaux avec leur casque de chantier et leur redingote fluorée. Je sens passer les courants d’air et les fantômes de cette rue. La poussière s’est installée pour toujours sur le rebord de la fenêtre empourprée d’une buée majestueuse. Poursuivant la lecture de Just Kids, je me laisse emporter par ce bien être inégalable que seuls les matins savent offrir : laisser le temps au temps, sentir son corps fredonner à chaque gorgée de café, tourner les pages fines d’un livre écorné, réfléchir à l’instant présent, réaliser la magie du voyage et déjà se projeter à la prochaine ville étape. Ce sera New York pendant 3 jours avec, en ligne de mire, un rêve : voir Bob Dylan dans la ville où tout a commencé pour lui il y a presque 60 ans. 

From Broadway to the Milky Way,
That’s a lot of territory indeed
And a man’s gonna do what he has to do
When he’s got a hungry mouth to feed

Je mets du temps à quitter le café. Le soleil, fébrile, me pousse dehors et sait m’éblouir entre deux nuages. Le vent joue avec les feuilles d’automne d’un énième parc citadin dans cette Philadelphie que je prends plaisir à explorer. De jeunes chiens fous s’emparent des parterres clôturés, des badauds payent 3 dollars l’accès à un cimetière public (!) pour voir la tombe de Benjamin Franklin. Je passe mon chemin. Petit à petit je m’éloigne du centre historique, une église dédiée à St Augustin est coincée sous l’arche autoroutier, on dirait que je suis le seul à traîner par ici. L’église est fermée. Je marche, encore et toujours. De nombreux panneaux historiques jonchent les croisements de rues, de vieilles gravures illustrent le passé de cette ville prospère, berceau de ce qui allait devenir les États-Unis. Une sculpture monumentale en bronze illustrant l’arrivée des premiers irlandais, me captive. Je prends le temps de tourner tout autour de l’œuvre d’art et d’observer les traits réalistes et assez troublants d’hommes, de femmes et d’enfants ayant tout quitté pour fuir une famine généralisée. Quand déjà au 19ème siècle des millions d’Hommes sont partis en exil pour des raisons de survie…nous n’étions qu’à l’aube d’une émigration mondiale et à ce jour au 21ème siècle nous ne sommes encore qu’aux balbutiements d’une réorganisation globale des endroits où l’Homme pourra vivre. Faire face à un problème inévitable , une réalité concrète. Ne ressentir qu’empathie et désolation pour tous ces visages aux regards noirs. Et se morfondre d’être un visiteur de passage dans un pays gouverné par un autre cinglé jouant une partie d’échec. Politic Kills comme chantait l’autre.

People goin’ down to the ground, Buildings goin’ up to the sky

Mon autocar attend sur Market Street, là où il m’a déposé hier. J’ai l’impression que ça fait plusieurs jours que j’arpente cette citée. Philadelphie est une ville avec laquelle on se familiarise vite. Je ne sais pas si je reviendrais ici un jour mais cette visite restera marquante, la faute à Dylan dans cette salle du Met! La pluie s’abat sur les vitres du bus. J’essaye de trouver le sommeil mais n’y arrive pas alors j’attrape un carnet et gribouille des morceaux de phrases en regardant défiler le paysage. Je prends plaisir à voyager en bus. Tout est plus lent et le ronronnement d’un autocar me rappelle ce grand père que je n’ai jamais connu, qui a emmené des milliers de personnes à travers la France d’autrefois, au volant de son carrosse rutilant. De retour à New York je prends le C train qui doit me conduire dans les beaux quartiers de Manhattan. Pour ce séjour new yorkais j’ai réservé une auberge de jeunesse qui a la particularité de se situer dans une Brownstone house, ces maisons traditionnelles new yorkaise aux devantures parées de grès rouge. Je suis idéalement situé à côté de Central Park et à quelques blocks seulement du Beacon Theatre où Bob va se produire pour dix concerts, une longue résidence, assez rare dans sa carrière. J’ai acheté mes deux tickets, en orchestre, dès la mise en vente des billets. Je commence par me délester de mes affaires. L’endroit est typique, je partage un grand dortoir avec 5 autres personnes. Les radiateurs sont en fonte et en voyant la salle de bain je me répète ces paroles :

« Lights flicker from the opposite loft
In this room the heat pipes just cough
The country music station plays so
ft » (Visions of Johanna).

J’entendrais plus tard en provenance du salon, la musique country du réceptionniste s’exerçant sur des airs de Johnny Cash, à la guitare. Quand je le questionne sur l’hébergement et l’incroyable chance de trouver une auberge de jeunesse si bien localisée pour un prix attractif, il m’apprend que le propriétaire de cette maison a toujours voulu conserver ce bien pour y accueillir de jeunes voyageurs (il faut avoir moins de 35 ans pour y dormir). Exit les promoteurs immobiliers et autres investisseurs, ce Landlord a crée un incroyable cocon dans un des quartiers les plus chers du monde.

Il fait encore jour quand je décide de marcher en direction du Beacon histoire de repérer les lieux. Il n’y a pas de concert programmé ce soir, j’ai tout mon temps. J’improvise alors un goûter arrosé d’IPA local et d’un burger conseillé par le réceptionniste de l’auberge avant de me laisser emporter par l’ambiance citadine. New York s’offre à moi, toute entière. Je décide de prendre le métro jusqu’au quartier de Greenwich pour déambuler tel un noctambule funambule entre Blecker street et Washington Square. Je m’arrête devant le Bitter End, un concert est programmé en ce moment même mais il faut payer l’entrée. J’hésite un moment, l’endroit est une scène mythique des années folk du jeune Dylan mais cela m’ennuie d’y aller seul et préfère improviser la soirée au rythme de mes pas. Je tombe sur un disquaire en plein cœur du village. Voilà où je passe finalement ma soirée ! À la recherche de vinyles, je ressortirais de cet endroit fantastique avec une dizaine de galette sous le bras, principalement du jazz, du folk et du blues. Alléluia ! Mes dépense journalières en ont pris un coup, alors l’apéro du soir ne se fera pas dans un pub, mais dans Washington Square. Une Corona à la main, assis sur un banc à regarder les skateurs qui ont remplacés les folkeux des années de bohème. Je passe sous l’arche, resplendissante, de la musique dans les oreilles et le sourire aux lèvres. Où est Bob ce soir ? Où passe-t-il ses soirées quand il vient à New York ? Il a certainement un endroit bien à lui mais personne ne sait où sa tanière se situe… vilain loup. Je reprends un métro et rentre me coucher dans ma chambre au parquet qui grince.

and after a rocking, reeling, rolling ride, i landed up on the downtown side

Samedi 23 novembre 2019. NEW YORK. Jour 2. Je roupille plus longuement ce matin, mon corps tout entier en avait besoin. Prêt à affronter une nouvelle journée avec un concert de Dylan programmé pour le soir ! Déjà la journée commence bien. Imaginez explorer New York City sous un magnifique ciel bleu, le soleil inondant les ruelles qui veulent bien se passer de l’ombre des géants, avec comme objectif de marcher sur les traces de ses artistes favoris. New York est une mine d’or pour qui veut se plonger dans la vie artistique des années 60 et 70 (entre autre!). Un musée à ciel ouvert où les noms des rues rappellent une page, une chanson, une tristesse. Une époque révolue, qui ne ressurgira jamais, peu importe que ces artistes soient encore ou non, vivants aujourd’hui. On peut chercher l’émotion pour qui sait la ressentir. Et je suis plutôt bon dans ce domaine alors allons-y…

Aujourd’hui j’ai prévu de marcher, beaucoup marcher. Je marcherais encore plus que je ne l’avais prévu. Pas de métro, juste mes deux jambes et mes deux yeux pour m’émerveiller. Je vais prendre mon petit déjeuner dans un café crasseux au bout de ma rue. Je ne suis pas très inspiré par la nourriture alors je me contenterais d’un café et d’un muffin. Je rejoins Central Park. C’est samedi et c’est l’heure du jogging pour les citadins sportifs ! Cela m’amuse de les voir affûtés, un legging suédois sur le cul, les Nike derniers cris aux pieds. Les ¾ semblent avoir un chien et me voici englouti par des centaines de joggers et leurs clébards. Je n’ai jamais vu un truc pareil, on dirait un marathon canin. J’ai du mal à imaginer être le maître d’un chien dans une ville et de faire du sport dans un parc avec lui qui plus est. Coincé entre des buildings. Mais comment être objectif quand on habite au cœur des Alpes dans un village de 60 habitants ?! Intérieurement je me moque affectueusement de tout ces gens, comme certains doivent rigoler de ma dégaine, une clope vissé à la bouche, un café dans la main. Je remarque assez vite que personne ne fume dans Central Park et préfère éteindre ma roulée plutôt que de risquer une amende. Je sais à quel point les américains ne rigolent pas avec la loi, alors autant rester sage. If you want to live outside the law…. ouai ouai c’est bon on connaît la chanson.

J’avance en direction du sud, après avoir longé le Jacquline Kennedy Reservoir. Je me rappelle le film de mon enfance Home Alone et cherche les endroits où sont filmées certaines scènes (j’irais même jusqu’à pénétrer à l’intérieur du fameux Plaza paré d’un luxe criard, carrément émétique.). Je continue sur la 5ème avenue jusqu’à Grand Central Terminal, un autre lieu emblématique de New York que l’on retrouve dans de nombreux films (évidemment). Dommage qu’Apple occupe toute la moité du Hall principal, avec des téléphones qui ressemblent de plus en plus à des miroirs. Ô société « psyché-délique » !

Au fur et à mesure de mon avancée et de ma position plusieurs options s’offrent à moi. Je décide d’aller là où je ne m’étais pas arrêté lors de mon dernier séjour new yorkais : le Chelsea Hotel. En pleine lecture de Just Kids, j’imagine à quoi pouvait ressembler ces rues à cette époque avec leurs noms inchangés. La réalité est vraisemblablement différente mais je suis captivé par cet édifice où ont séjourné les plus grands noms : Dylan Thomas, Leonard Cohen, Arthur C.Clarke (où il a écrit The Space Odyssey, rien que ça) Patti Smith, Robert Mapplethorpe, Sam Shepard et bien sûr, Bob Dylan qui y aurait écrit l’une de ses plus grandes œuvres : Sad Eyed Lady of the Lowlands. C’est d’ailleurs la chanson que je décide d’écouter en m’asseyant sur les marches du trottoir d’en face. Le Chelsea est en réfection depuis plusieurs années et il reste encore des échafaudages à sa base. Je ne pourrais donc pas y entrer. Les fastueux balcons en fer forgés ont été restaurés, la brique est toujours aussi rouge. Je me vois assis derrière l’une de ces nombreuses fenêtres à écrire comme l’on fait des centaines de marginaux. Le restaurant cocktail lounge « El Quijote » est toujours debout mais fermé. Je vois Patti, le corps maigre, se rassasier à l’intérieur au bras de Sam Shepard. J’entends leurs voix. Je ne veux plus partir mais il le faut. Leurs fantômes ne reviendront pas. Je cours après quelque chose d’insaisissable. D’inaccessible. Et cela rend mon voyage plus beau encore.

 » Et j’avance et c’est tout qui recommence.
J’avance mes croyances dans les mains
Je relance la danse de la machine à chance. « 

Mano Solo dans un coin du crâne. Je traverse des quartiers colorés, je vois des visages princiers. Je reconnais le charme d’une ville dans laquelle je ne pourrais jamais habiter. Je ne fais que traverser une citadelle intemporelle, à un moment précis. Ce soir je vais au concert de Bob Dylan. Mais avant je souhaite voir la rue où le jeune Bob s’est fait photographier au bras de son amoureuse en 1962 pour la pochette de l’album Freewheelin’. Une simple photo, une simple pochette d’album mais qui a changé ma vie, en même temps que celle de millier d’autres personnes. Adolescent, je me souviens être tombé nez à nez avec ce CD dans la médiathèque que je fréquentais ardûment. Quelque chose m’interpellait mais je n’ai pas eu la curiosité à l’époque de prendre ce CD. Et pourtant à chaque fois que j’allais pour emprunter de la musique à l’étage, le CD était là, disponible, toujours au même endroit. Je voyais ce jeune homme et je n’imaginais pas que c’était l’artiste de l’album. Je voyais plutôt cette photographie comme une peinture, une illustration d’une chanson présente sur l’album ? 5 ans plus tard j’achèterais ce disque, le premier de ma collection Dylanienne. Et c’était parti…J’avais alors 19 ans et étais fou amoureux d’une fille que je connaissais depuis quelques semaines seulement. J’ai acheté cet album à la FNAC d’Angers et je suis rentré au château où j’étais stagiaire, où celle qui partagerais ma vie m’attendait. J’écoutais Don’t Think Twice it’s All Right comme on s’abreuve d’une chose vitale, découvrant l’anglais et ses sublimes variations phonétiques. J’étais hâpé par des mots qui n’était même pas ceux de ma langue maternelle. Et pourtant ça faisait écho en moi. J’affirmais ma rage de jeune homme sur les paroles de Master of War. Sans le savoir, je découvrais une forme littéraire qui m’apparaissait comme abstraite, à travers la musique. Combien de fois ais-je pu repasser la chansons Hard Rain pour tenter de me faire une idée plus précise de ce que cherchait à dénoncer l’auteur? Cet album a changé ma vie mais je ne le savais pas encore à l’époque…

Et me voici là, 10 ans plus tard à l’endroit même où cette photographie a été prise. Durant un hiver comme New York n’en connait plus. Le van Volkswagen et ses copains hippies ont disparus. On reconnaît assez difficilement la rue, seuls deux bâtiments sont restés à peu près identiques m’expliquera le disquaire situé au coin de Jones Street et de la West 4th Street. Ce dernier me montre des photos prises à l’époque et les compare avec la rue telle qu’elle est aujourd’hui. Je lui achète un seul vinyle. Devinez lequel ?

J’ai du mal à quitter l’endroit. La rue est animée, je pénètre dans un pub mal éclairé et commande une bière sans aucun intérêt. J’essaie de lire mais n’y arrive pas. Alors j’écris. En sortant je vais faire un tour dans le magasin The Music Inn, un foutoir extraordinaire rempli de vieux vinyles et d’instruments de musique en provenance du monde entier qui me rappelle de nombreux magasins similaires dans l’ouest américain. J’achète des clochettes indiennes montées sur un cordage tressé de fils multicolores, utilisés comme des sonnailles pour les chameaux. Je les offrirais à mon fils en rentrant. Un dernier coup d’œil, un dernier cliché et je repars en direction de l’endroit où a été prise la photo pour la pochette de Blonde on Blonde. Le bâtiment a disparu, il ne reste rien. Je longe les docks situés au bord de la Hudson River. De jeunes gens fument de l’herbe, d’autres font du footing. Moi je marche de plus en plus vite, le concert est dans 3 heures et je prends un métro pour rejoindre mon auberge afin de me préparer pour le show de ce soir. En sortant je rejoins le resto bar découvert la veille qui est bondé. Nous sommes samedi et je me faufile au bar afin de commander une bière et un Cointreau sur glace. Mon petit pêché de minuit qui vient tout droit de ma douce région angevine. Racine. Un énorme glaçon tasse le Cointreau. Je savoure ce breuvage dehors au son du tintamarre urbain et ça me plait. Dans quelques minutes j’aurais Bob Dylan face à moi dans sa ville. New York.

All the early Roman kings in their shark skin suits

Beacon Theatre. Night 1. Je fais parti des quelques chanceux qui assisteront au premier concert des 10 prévus au Beacon Theater sur Brodway. Ce voyage j’ai pu le faire grâce à la participation et à l’amour de mes amis et de ma famille. Ce qui n’était au début qu’une simple idée s’est transformé en quelque chose de concret. Je sais la chance que j’ai d’être là ce soir. J’arrive en avance et souris en voyant l’éclairage annoncé le concert de Bob Dylan, sold out, of course! Je retrouve Laurette arrivée plus tôt dans l’après-midi, avec ses masterpiece qu’elle réussira à vendre ou à échanger contre une place de concert au cours de cette résidence new yorkaise. Le bus de Bob est garé le long du théâtre, je fais le tour de ce bâtiment en brique qui est une adresse incontournable de la scène new yorkaise. J’ai hâte de rentrer à l’intérieur. Je croise Bob Britt le nouveau guitariste de Dylan et le félicite pour ce qu’il apporte dans cette nouvelle formation. Il me remercie et rentre par la porte des artistes. Bob est certainement à l’intérieur, je surveille quelques minutes au cas où mais je n’ai pas la ténacité de Laurette pour attendre. Je fais quelques clichés de l’extérieur, reconnaît des visages, retrouve Stefano…l’ambiance d’une tournée qui a traversé un état continent…

A l’intérieur tout brille, des lustres jusqu’aux peintures murales. Je vais rejoindre ma place qui est en orchestre au fond sur la gauche. C’est une bonne place que j’ai acheté à un tarif à peu près décent comparé aux premiers rangs qui dépassent les 1000 dollars le siège (!!!). Cependant je ne m’assois pas tout de suite, je vais au-devant de la scène et découvre enfin ce théâtre mythique. Et c’est vrai qu’il est beau. Un tantinet kitch, ce qui me rappelle le Grand Rex et ses fontaines italiennes. Des bronzes gigantesques me font penser à la chanson Early Roman Kings. On prend quelques clichés avec Stefano et Laurette nous a rejoints. Ça me fait plaisir d’être avec eux dans la salle, Laurette a réussi à avoir un friendly ticket! En discutant avec Stefano je lui demande où il est placé, il m’indique son siège et me dit qu’il essayera de prendre un fauteuil plus proche de la scène. Il m’explique qu’au moment où le concert démarre de nombreuses personnes arrive en retard et tu peux profiter d’une partie du show mieux placé, voir de l’intégralité du concert quand personne ne vient ! Apparemment les Bobcats usent de cette astuce. Ce n’est pas une mauvaise idée, et vu que mon siège est un peu loin je tente ma chance vers les 10 premiers rangs, sans avoir à déranger les voisins, proche de l’allée. Le show démarrera avec quelques minutes de retard mais personne ne viendra s’asseoir à ma place si bien que je verrais Bob particulièrement proche ce soir-là, sans avoir déboursé le moindre dollar supplémentaire ! J’ai la banane, Dylan rentre sur scène sous un tonnerre d’applaudissement, j’y participe mais plus sagement. La routine de la route m’a habitué à me concentrer davantage sur les mouvements anodins, les couplets un peu accrochés, une syllabe un peu plus étirée. Je me surprends à moins gueuler, à moins bouger aussi, juste à me focaliser sur Bob. D’ailleurs c’est difficile de le quitter des yeux plus de 15 secondes. J’aime observer l’ensemble des musiciens mais jamais pour très longtemps. Il capte tous les regards et d’où je suis assis je le vois très bien ce soir.

Effet visuel pochette Blonde On Blonde !

J’ai déjà dressé un bilan assez général du choix des chansons et de leurs interprétations lors de mes précédentes reviews. Je me contenterais de dire que ce premier concert new yorkais a été, comme les autres, d’une justesse incroyable avec, en prime, un public de connaisseur enjoué. A ma gauche un homme paré d’un chapeau de cowboy a passé tout le concert debout sur le côté gauche de la scène à danser! Cela m’a surpris que la sécurité n’intervienne pas et à l’opposé d’où je me situais une autre personne était également debout. Je me suis levé pour Thunder on the Mountain, quelques mètres derrière le cowboy psychédélique qui semblait vibrer sur chaque note du maestro. Sa présence faisait tâche dans ce décor huppé avec de riches spectateurs. J’ai adoré ce contraste et me suis amusé à danser moi aussi sur Thunder avec Bob penché sur son piano comme un damné. J’ai ensuite rejoins mon siège pour ne pas m’attirer les foudres de la sécurité mais ce n’était que partie remise. A la fin du spectacle ma place me permettait de rejoindre facilement le devant de la scène plein centre et nous étions quelques-uns au moment du rappel à attendre Bob pour le début de Ballad of a Thin Man. Il y eut alors un moment de flottement avec la sécurité car ils avaient l’air indécis à l’idée de nous renvoyer à nos places. Je pus profiter d’une minute à peine tranquille avec Bob à quelques mètres seulement et avec sa gratte. Quel pied ! Et quel rappel ! Cette chanson il l’aime et son public aussi… mais trêve de bonheur et de bonne humeur, les gorilles sont là et nous éjectent en quelques secondes à nos places. Je ne démords pas et reviens à la charge par principe mais il n’y a rien à faire et cela m’ennuie de ne pas pouvoir profiter pleinement de Take a lot to Laught. Je me fais une raison ce soir. Il est impossible, peu importe la ville ou la salle à présent, de se rapprocher de la scène au moment du final. Les ordres sont claires mais ça m’emmerde, je n’aime pas ces directives. La fin du concert me laisse un goût amer, non pas à cause de la performance qui a été excellente, mais bien à cause de tout cet ordre, ces principes, cette rigueur poussée à son paroxysme. Je suis éloigné lorsque Bob s’acharne à remettre du charbon dans son train à vapeur. Moi j’ai toute la nuit pour rêver de ce 4ème concert américain. Je quitte malgré tout le théâtre avec un sourire sur les lèvres, je reviens ici demain, j’ai l’impression d’être un new yorker pour quelques jours. Je rejoins à pied ma brownstone house comme si c’était la mienne, à 15 minutes à peine du théâtre. Je décide de faire un crochet par Central Park malgré le vent et la bruine. Tout est sombre autour de moi. Quelques gardiens en costume patientent à l’intérieur des hall d’entrée d’immeuble privé, prêt à accueillir l’homme d’affaire qui ne sait pas ouvrir la porte tout seul. Les rues sont calmes, il règne une atmosphère sereine et rassurante. Je fume une dernière cigarette en songeant à Dylan qui est aussi riche que tous les habitants de ce quartier. Je ressens un dégoût pour tout cela mais l’envie de le voir sur scène est plus forte que tous mes principes. Moi aussi quelque part je fais fonctionner la grosse machine qu’est le Never Ending Tour…heureusement qu’il existe les friendly ticket parfois! En laissant Central Park derrière moi me vient la chanson Dark Eyes dans la tête. Dylan a composé cette sublime ballade nocturne depuis le haut de sa tour de guet, surplombant Central Park lors des sessions de Empire Burlesque.

« I live in another world where life and death are memorized »

Oui il vit dans un autre monde, dans une bulle hermétique mais il a le mérite de partager son ivresse musicale lors de nombreux concerts comme celui de ce soir. Le Never Ending Tour c’est de l’or en barre pour tout fan de Dylan. Petit à petit le monde s’assombrit autour de lui, mais on se souviendra de ce jour heureux. It’s Not Dark Yet…mais il est temps d’aller dormir pour mieux recommencer demain.

In the early mornin’ rain

New York, 25 novembre 2019. Le soleil n’a pas le même éclat qu’hier et j’emprunte un parapluie à l’accueil de mon hostel. Une journée pluvieuse est annoncée mais cela ne m’empêchera pas d’aller crapahuter dans Manhattan. J’ai prévu d’aller au café 12 chairs, un café israélien où une certaine Patti Smith a ses habitudes. Dans son livre M Train, elle raconte sa vie new yorkaise, avec son rythme, sa cadence, ses couleurs. Elle parle de son café, sans dévoiler le nom, où elle aime déguster l’élixir noir et amer en dégustant des tartines badigeonnée d’huile d’olive tout en écrivant des poèmes. J’avais envie de voir cet endroit et mes pas m’ont de nouveau conduit en direction du Village. Décidément je suis attiré comme un aimant vers ce quartier qui même s’il a bien changé reste agréable à parcourir. Le café est petit mais animé, il reste une table libre au fond de la salle ce qui me convient parfaitement. Je commande une omelette chèvre épinard arrosé d’un café fort. Je bouquine tout en prenant le temps d’observer le va et vient des serveuses et l’ambiance qui règne en ce dimanche matin pluvieux. J’aime l’oisiveté du dimanche, ses promesses étouffées, son rythme contre-productif. Encore plus quand le temps est à la pluie, on a en effet aucune excuse à rester au chaud pour lire et boire du café. Au moment de régler la note je sympathise avec l’une des serveuses et la félicite quant au petit déjeuner et au café. Elle me donne le nom de ce dernier, la Colombe. J’en ramènerais un sachet en France que je dégusterais uniquement les dimanches matins. Je lui demande si Patti Smith a toujours ses habitudes ici. Effectivement elle vient de temps en temps et m’indique la table où j’étais assis : « elle s’assoit toujours à la même place, où vous étiez vous même installé». Je souris et la salut avant de me confondre avec les notes de pluie.

Voyager seul offre de nombreux avantages comme celui de s’en remettre au hasard pour guider ses journées. En sortant du café je me dirige d’instinct vers le cœur du Village, passant devant le Cafe Wha que je n’avais pas remarqué l’avant veille. Je m’arrête prendre une photo de l’arche triomphale de Washington Square sous cette fine pluie d’automne. Il n’y a vraiment pas grand monde, il fait plutôt froid et le vent s’amuse avec mon parapluie qui se révèle être assez fragile. En sondant le quartier où se situe Chelsea Market, je me trompe de direction et me retrouve dans le secteur que je voulais absolument éviter, à savoir Wall Street. Malgré moi je me retrouve à marcher dans ce qui est l’endroit le plus oppressant de New York. Les immeubles m’envahissent, bloquent la moindre lumière. J’étouffe et accélère le pas pour rejoindre l’East River au niveau du pont de Brooklyn. Je laisse les hauts buildings derrière moi et me verse une IPA de réconfort dans ma cup de café. Légèrement enivré par le degrès d’alcool de cette bière, je suis tout chancelant au moment de traverser ce magnifique ouvrage urbain qui offre une vue imprenable sur New York City. Les voitures déambulent à toute vitesse sous mes pieds pendant que j’évite les vélos arrivants de face ou de dos. Au loin la statue de la liberté semble vouloir indiquer qu’un autre monde est possible. Mais Wall Street est dans son dos…moi je continue à marcher vers Brooklyn que j’avais déjà visité lors de mon dernier séjour. Je passe davantage de temps à m’attarder dans un café pour recharger la batterie de mon téléphone obsolète qu’à flâner dans les rues humides. Vu l’heure avancée de la journée, je chope un métro qui me déposera à Penn Station où je retrouve le Madisson Square Garden illuminé aux couleurs des Knicks. Il y a un match ce soir mais j’ai mieux à faire. Bob Dylan is in town !

Une savoureuse routine s’est installée depuis le concert de Lowell et j’ai vraiment le sentiment de faire partie d’une sorte de communauté de la route. Retrouver les mêmes hommes sur scène, Bob lui-même, un être humain comme un autre qui se déplace bel et bien dans le même monde que moi. Ce soir c’est la dernière de ma folle semaine et c’est bien ainsi. J’ai le sentiment d’en avoir profité et terminer ces 7 jours par New York est un accomplissement. Une finalité. La boucle est bouclée. J’arrive un peu plus tôt qu’hier et ne retrouve pas Laurette tout de suite. Je décide d’aller fumer une clope à côté du bus de Bob sans espérer le voir vu l’heure avancée, je le crois déjà à l’intérieur du théâtre. J’aperçois Barron son garde du corps, il est à côté du bus sur le trottoir opposé d’où je suis (je garde de la distance pour ne pas me faire remarquer). Il y a aussi Big Bob, l’autre garde rapproché. Celui-ci est à quelques mètres de moi, en train de discuter avec une femme et d’un seul coup je le vois courir en direction du bus. Je tourne la tête et me retrouve face à Dylan qui descend de son bus, la route nous sépare. Il a sa capuche et sa veste de ski et ne lève pas les yeux ! Je ne dis rien, comme figé par l’instant, exactement pareil qu’au Grand Rex au printemps dernier où il est passé à quelques mètres de moi. Il n’y a rien à dire, ma présence et la sienne suffisent pour faire de ce moment un agréable souvenir.

I’ve been to lowell, and i’ve been to gay new york

En pénétrant dans le théâtre je retrouve son atmosphère gallo-romaine. La salle est si haute de plafond que même au premier rang je n’arrive pas à distinguer le balcon supérieur. Ce soir j’ai une bonne place au 20ème rang, légèrement sur la droite. Je verrais parfaitement Bob. Quelques minutes avant le début de cet ultime show, je me fait photographier par Stefano. Il y a plus de crânes grisonnants que de jeunes mais ce n’est pas nouveau, même si je trouve ça un peu dommage. Dylan a fait de nombreuses universités sur cette tournée avec des tarifs attractifs par endroit, j’espère qu’il aura su capter un audimat un peu plus jeune. En tout cas c’est certains que je ne fais pas parti des plus anciens. Le concert à peine commencé est déjà lancé à vive allure et il passera vite, beaucoup trop vite. Je ne me suis lassé d’aucun morceau même s’ils ont été répétés soir après soir. Pour Highway 61 Revisited je décide de faire comme mon cowboy fou d’hier soir (également présent à ce concert, au même endroit, toujours debout) et d’aller me serrer le long de l’alcôve près de la grande scène. J’ai Bob à quelques mètres de moi, je suis fièrement dressé sur mes 2 jambes, je vois son visage qui dépasse du piano, son regard, flou, dans le vide, regarde dans ma direction. Un face à face à mille à l’heure. Quelqu’un de la sécurité s’approche de moi, je pense me faire refouler mais à ma grande surprise il accepte mon argumentation, je ne resterais debout que pour ce morceau. Il est d’accord. Je profite pleinement de la chanson, c’est l’éclate de pouvoir être debout et de danser sur Highway 61! C’est parfois agréable d’être assis mais c’est plus fort que moi, je préfère être debout. Malheureusement c’est de plus en plus rare. Je retourne à ma place comme promis. Putain quel pied !

Arrive LA chanson, celle que j’ai volontairement omis de commenter sur mes 4 chroniques précédentes. Celle que tout fan de Dylan espère entendre un jour en live depuis qu’il l’a publiée sur son album mythique Time Out of Mind, c’était en 1997. Not Dark Yet est une chanson que j’ai très souvent écouté dans sa version la plus pure, celle de l’album studio. Il en existe de nombreuses versions live, mais depuis quelques années il l’avait mise de côté. J’interprétais ce choix comme une sorte de superstition, je me disais qu’il ne la jouerait sans doute plus jamais sur scène. Je n’aurais pas misé un caillou sur son retour dans le set. Une chanson qui parle de la mort mais aussi et surtout du peu qu’il reste à vivre. Une chanson sans doute un peu trop autobiographique pour Sir Dylan (N.B il a enregistré ce titre quelques mois seulement avant d’avoir failli rejoindre Elvis suite à une infection pulmonaire). Et puis lorsque cette tournée automnale a démarré en Californie, surprise au petit matin en consultant boblinks, Not Dark Yet apparaît dans le set. Mon cœur bondit, je sens ma pression artérielle monter en flèche. Vite je dois écouter l’enregistrement. J’arriverais à le trouver assez rapidement grâce à notre forum français dédié à Dylan. Je lance la lecture et ressent une gêne, sachant à ce moment-là que j’assisterais à la fin de la tournée, je trouve ça dommage de la découvrir ainsi. J’écoute malgré tout un bout du nouvel arrangement et je tremble. J’ai hâte d’être à Lowell, espérant que Bob la conservera dans son set. Il la jouera au cours des 39 dates entre octobre et décembre. C’est le sommet des 5 concerts auxquels j’ai pu assister. Celle de ce soir, pour mon dernier show américain sera la plus émouvante. Cette chanson a tellement d’impact que j’ai l’impression de vivre un instant volé au temps, que j’aurais été pioché dans quelques vides abyssales sans retour. La lumière blanche illumine la scène et Bob la chantera center stage, micro à la main. Une légère reverb dans la voix, la guitare en apesanteur et la basse de ce fidèle Tony Garnier comme chef de file. Une version totalement revue qui n’a pas grand-chose à voir avec l’originale et c’est spectaculaire. Ce pourrait être sa dernière chanson, le salut final, la mort inéluctable d’un homme qui nous paraît pourtant immortel. Alors il faut croire que Dylan n’est pas superstitieux en chantant ces mots : it’s not dark yet, but it’s getting there. Moi j’ai du mal à m’en remettre et encore aujourd’hui en réécoutant le morceau j’en ai la chair de poule. Parce que je le revois derrière mes jumelles, scrutant chaque trait, un morceau de sourire, guettant une larme au coin de l’œil. L’arrangement me plonge dans un drôle de sentiment. Oui, j’ai réellement l’impression d’assister à un moment important. En tout cas pour moi.

J’ai lu récemment un post amusant, à la question « quel est le meilleur concert de Bob Dylan auxquel vous avez assisté ? » un fan qui l’a vu de nombreuses fois répond « the next one ». Et le pire c’est qu’il a raison d’une certaine façon! Bob ne fait que croitre, le fait qu’il soit toujours vivant à 78 ans rajoute du piquant à ses interprétations. Ma première émotion, qui a été la plus forte quand je l’ai vu pour la première fois au palais des congrès de Paris en 2009, c’était d’avoir l’impression de discerner un fantôme, un visage marqué par des décennies de légende musicale. Et pour ce dernier concert j’ai ressenti à l’identique ce sentiment. C’est quelque chose qui vous prend aux tripes et qui vous poursuit durant toute une vie de fan. On sait bien que tout cela s’arrêtera un jour. Je ne sais pas si j’aurais de nouveau l’occasion de suivre Dylan comme je le fait depuis 4 ans mais une chose est sûr, cela me rassure de penser que c’est possible. Il nous offre la possibilité en tout cas, he’s still on the road et le sera apparemment toujours. Si Bob Dylan ne vient pas à toi, alors tu iras à Bob Dylan.. Avec Bob j’ai mes phases, je peux passer plusieurs semaines sans l’écouter. C’est rare mais ça arrive. En revenant de cette folle semaine je ne l’ai quasiment pas écouté. Je n’en ressentais absolument pas le besoins car je venais de passer plusieurs jours à vivre Dylan. Écouter ses albums studio est fade après toute cette agitation scènique. Le voir en live c’est du concret, de l’authentique. Et puis depuis que j’ai repris la plume pour écrire cette dernière chronique je me suis replongé dans l’écoute de ses lives (1975, 1994, 1997, 2000, 2003, 2008, 2013, 2019). Et à chaque fois je suis unanime : c’est trop bon. Comme une drogue. Comme tout fan j’imagine que j’associe sa musique à des moments de ma vie, l’écoute de tel ou tel bootleg va me remémorer la puissance d’un temps passé. Comme celui de la découverte du Tree With Roots (basement tapes non officiel) pendant une fin d’hiver anormalement enneigé dans mon petit village alpin et ce son aussi calfeutré que tout cette neige d’une blancheur aveuglante. Il y en a plein des souvenirs avec Dylan. On aime sa musique car on a aimé ces moments de vie qu’il a partagé avec nous. Sans le vouloir. On est plusieurs à parcourir des centaines voire des milliers de kilomètres pour ressentir son aura, et écrire un nouveau moment de vie partagé avec ce vieux fou. De nouveau c’est ce qui s’est produit au cours de ces 7 jours et en écrivant tout cela j’ai l’impression que c’est inscrit pour l’éternité. A me lire on pourrait croire que je n’ai que Dylan comme passion, ce qui n’est absolument pas le cas et fort heureusement ! Je ne lui voue aucun culte, il est juste là, toujours présent dans ma vie. Ma mémoire est assez bonne pour me rappeler tant de choses, tant de moments. J’aurais sans doute du mal à vous donner mon impression précise de chaque morceau de ces 5 concerts. Mais ce n’est pas là l’essentiel. Le plus important c’est d’avoir ramené à la maison et dans ma cervelle éternelle cette ambiance, la route, Kerouac, les villes américaines sous la houlette de Bob himself. Je le vois qui s’approche une dernière fois du centre de la scène pour saluer. Il ne tire pas ici sa révérence, ni à moi ni à quiconque. Le meilleur concert de Dylan, c’est le prochain.

FIN

7 commentaires sur “4/4 – A ROVIN’ GAMBLER NOT BORRED – USA TRIP 2019

  1. Belle conclusion pour ce magnifique périple sur les traces de bob Dylan. J’arrive à ressentir toute ton émotion en te lisant. Une chose est certaine tu écris vraiment très bien. J’ai vraiment l’impression d’être à tes côtés durant tes déambulations new-yorkaise. Un jour peut-être je ferais la même balade. Au passage, j’aimerais bien savoir quels sont les disques que tu as achetés.
    Sinon, merci de faire vivre ce blog aussi belle manière.

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    1. Merci Sardequin pour ce retour enjoué et tes compliments. J’ai pris beaucoup de plaisir à écrire ces crhoniques, ça prend du temps mais ça vaut le coup ! Je m’en souviendrais…
      J’ai acheté pas mal de vinyles: the siegel schwall band, ahmad jamal (chamber music of the new jazz), the king oliver creole band featuring louis armstrong, they call me muddy waters, muggsy spanier & sidney bechet (que j’ai découvert depuis peu et que j’adore), kid thomas (jazz gospel & blues), rolf cahn & eric von schmit (rare), ras michael & the son of negus ‘promised land sounds) une pépite reggae que j’ai embarqué ilico ! et un bootleg de bob dylan appelé four times around avec en face A le live inédit du 3 juillet 1975 à l’other end avec pretty boy floyd et how long (avec jack elliott) et le fameux abandonned love (unique version live). Il y a aussi dessus 3 enregistrements des sessions de 1978 au rundown studio avec repossession blues, one of must must know et girl from the north country et en face B 3 morceaux religieux du saturday night live de 1979 (dispensable…) et l’un des rares concerts de 1982 avec joan baez au peace sunday de pasadenia with god on our side et a pirate looks at forty. Un bootleg sympa, surtout pour le live de 1975

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  2. Magnifique reportage sur ton périple américain en compagnie de Bob Dylan. Tu as un vrai talent pour nous faire partager tes émotions et tes sentiments. Le forum a de vrais talents je pense à Tom Paine également.
    Merci encore pour le temps que tu nous as consacré pour rédiger ces souvenirs US. Tu as eu la chance de vivre des moments inoubliables que tu garderas toujours en toi. Pour t’avoir croiser quelques instants à Paris je sais que tu le mérite bien.

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    1. merci JP pour ton retour et ce post sympathique ! tout fan de musique américaine mérite de le voir un jour sur scène, et depuis quelques années j’ai énormément de chance d’accumuler les shows. Cette année 2019, entre le Grand Rex et les US ça restera unique ! J’ai adoré ce voyage et j’espère qu’on aura l’occasion de se croiser au prochain concert de Bob qui, comme tu le sais,sera le meilleur 😉 à toute

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  3. Bel épilogue, excellemment rédigé, avec une touche d’émotion pour ta dernière U.S dans ce cadre hors normes : Bob chez lui, de retour au berceau artistique !

    Bravo pour ce récit de ta Rolling Thunder, que je prendrai plaisir à relire intégralement d’ici quelques temps, lorsque ma Dylanomania repartira de plus belle (sans doute à la publication de « Days of Yore » ? ;)).
    J’adore ton sens du détail et ta force d’analyse des titres, spécialement sur ce Not Dark Yet tellement dur à appréhender, qui nous laisse haletant, comme coincé entre les deux infinis de l’ami Blaise.

    J’ai lu Just Kids il y a quelques années, mais je ne connais pas ce M Train que tu cites. Dopé à NYC et ses légendes littéraires depuis ma visite en décembre, je vais certainement me le procurer bientôt !

    De Kerouac à Patti, de Lowell à Greenwhich (à quelques semaines près, on se croisait, j’ai aussi fait Jones St et le Café Wha, hallucinant !) ce fut un plaisir de te suivre en différé poétique !! Merci !

    Et see you au prochain concert de Bob, puisque ce sera le meilleur !! 😉

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    1. salut cher Dean ! merci pour ton retour et tes compliments. Ces chroniques ce sont aussi les vôtres, l’occasion de partager ce qui nous uni, Mr Bob. Mais oui on s’est manqué de peu ! j’ai suivi ton voyage et c’est dingue tout ce que tu as fais ! merci pour la photo du Todd’s Place ! mythique !
      Je te conseil la lecture de M Train, un livre autobiographique de Patti Smith dont j’adore l’écriture. Toi qui est passionné de légendes new yorkaise c’est le livre qu’il te faut ! Prépare toi à vouloir boire des litres de café aussi 🙂
      Pour ce qui est de Days of Yore la rumeur va bon train, cela ne m’étonnerait guère qu’un album soit bouclé ou en cours de finition. J’espère aussi qu’on se croisera cette année pour un concert de Bob en Europe (?). Tu sais que le prochain c’est le meilleur! Tu es aux US jusqu’à quand?

      à toute !

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