Bob Dylan troque son auréole contre un masque de troubadour

Au printemps 1975, Bob Dylan s’exile en France sans savoir ce qui l’attend. En Roue Libre. Son album Blood on the Tracks est sorti. Il ne prête pas attention à la critique très élogieuse qui acclame ce nouvel opus, certaine d’y retrouver le sang du poète qui avait fini par coaguler ces dernières années.  L’Amérique fête son bicentenaire, la foule est amusée dans Big Apple, pendant que certains se font de l’argent en vendant le star spangled banner dénué de patriotisme, d’autres revêtent fièrement la tenue de l’Oncle Sam. The Evening Empire semble immobile, divisé, ralenti. L’ère des sixties s’est éteinte. Dylan a été le premier à renier son statut de Messie au profit de sa Cape d’Artiste. Et sa malle est grande.

A l’inverse de Scarlett Rivera, la violoniste croisée dans la rue, Dylan ne sort ni chaîne, ni miroir, ni candélabre de sa boîte secrète. Il laisse le soin à Scarlett de charmer les serpents au rythme d’un violon balkanique. «Elle n’avait besoin de dire mots». Certainement la musicienne la plus proche du Zim par l’Esprit sur cette tournée. Mystérieuse et sensuelle sans être dénuée d’un certain charisme, elle se déplace dans une berline conduite par un chauffeur philosophe. Dylan lui, prépare une nouvelle formule secrète, tel un alchimiste. Il est prêt à tout transformer, à tout mélanger. Sans doute inspiré par le grand Manitas de Plata qu’il a écouté toute une nuit en Camargue, et par l’aura des gitans, il écrira One More Cup of Coffee (to the Valley Below), chanson rêvée puis composée avec des musiciens de talent qui donneront un son « gipsy » et totalement inédit.

« Je suis allé au pèlerinage des Gitans aux Saintes-Maries-de-la-Mer en France. C’est le jour de mon anniversaire. C’est comme rentrer à la maison ». B.Dylan

De l’inédit, Bob Dylan n’a pas fini d’en offrir à son public dans ce qui deviendra la «Rolling Thunder Review». A l’automne 1975, notre manouche américain décide donc de rassembler une troupe d’artistes et de conduire sa caravane de ville en ville sans vraiment avoir de plan en tête, si ce n’est de fêter le bicentenaire à sa façon en débarquant à Plymouth comme le Mayflower 200 ans auparavant. Depuis toujours, et encore aujourd’hui, Dylan ne se contente pas de quelques villes phares pour déployer son univers musical. Le voici partit cueillir un public des campagnes du Nord-Est américain, en passant même par Lowell, ville ouvrière de 90 000 habitants qui aura vu naître l’un des plus grands poètes américains de son temps.

«Kerouac, il a honoré la vie» lance Dylan, le phrasé toujours rythmé dont lui seul à le secret. L’ancien compagnon de Jack, Allen Ginsberg, fait partie de l’aventure et invitera Bob à réciter des poèmes de Mexico City Blues sur la tombe de « Ti Jean ». Instant surréaliste, Bob, chapeau vissé sur la tête et lunette de soleil, compose un air au piano à air pendant que Ginsberg médite à ses côtés. La grande force de ce documentaire est de nous montrer les coulisses d’une aventure dont il ne reste que des cendres. A la question sous-entendu de Scorsese : Que reste-t-il de cette époque ? «No one single thing. Ashes».

Une plongée dans le renouveau rock des années 70

Le troubadour ne regardera jamais en arrière, ne regrettera rien, ne ressassera pas les bons moments et les nombreuses parties de fou rire halluciné, quand ce n’est pas les instants de grâce musicale. On pense au Coyote de Joni Mitchell composé pour l’occasion, accompagné de Mc Guin et de Dylan à la guitare dans la maison de Gordon Lightfoot. Là encore ces bandes vidéos relèvent du miracle, on a le sentiment de passer la soirée avec des potes. On pense aussi à la nuit des retrouvailles au Gerde’s de New York où l’on assiste à une scène plutôt intime entre Bob et la jeune Patti Smith à l’aura déjà bien affirmée, lancée dans une tempête de mots à propos d’un terrain de base-ball et d’une boule de cristal. Bob semble littéralement sous le charme. La poétesse apparaît à l’écran comme arraché à un champ de bataille, les cheveux ébouriffés, le regard salvateur de la jeunesse, délivrant ce long poème halluciné à propos d’un archer amoureux de sa sœur.  Murray Lerner nous montrait la renaissance du mouvement folk à travers son documentaire « An Other Side of the Mirror », Scorsese nous livre ici une plongée dans le renouveau rock des années 70 : «I start to walking in an other direction, I start to walking in an other dimension» lance-t-elle à un public de privilégiés. Lumière rose tamisée, les drogues ont une nouvelle saveur. La nouvelle garde prend le relais. Ginsberg s’essaye à une chanson comique où il est question de toxicos voleur de thangka tibétains. Il observe Dylan debout face à lui, guettant la moindre réaction, tentant d’entrevoir ce qui se cache derrière ce masque figé, allant jusqu’à lui demander s’il doit continuer ! Tout le monde semble avoir les yeux rivés sur cette silhouette couleur pastel.

Des masques sans visage

Un documentaire de cette envergure est forcément attendu au tournant, avec des espérances très fortes de la part du public. Pourquoi Scorsese a-t-il décidé de jouer la carte du fictif ici ? Pourquoi ne s’est-il pas contenté de réaliser un documentaire du type « No Direction Home » ?  Parce que oui en visionnant ce film on peut-être déstabilisé, oui on se pose des questions quant à la véracité des dires des uns et des autres. Oui ça peut être décevant pour certains que Sharon Stone ne se soit pas mise à pleurer en écoutant Dylan lui interpréter Just Like a Woman, je le conçois ! Je ne parlerais même pas ici de l’influence de Kiss sur son maquillage (!). Cependant cet aspect fictif du film ne m’a pas gâché le plaisir que j’ai eu à le regarder. Parce que Dylan l’explique dès le démarrage face caméra, «ça s’est passé il y a 40 ans», et qu’il n’a aucune envie de rentrer dans les détails d’un disque dur depuis longtemps formaté. Je pense aussi que Scorsese n’a pas eu d’autres solutions que de présenter un scénario digne d’un film à Dylan pour pouvoir l’interviewer. On sait à quel point ce dernier a horreur des interviews, surtout quand elles sont filmées.  Pire que la liste des absents dans ce docu,  ce serait l’absence totale de Bobby lui même!

« Quand un homme porte un masque, il va vous dire la vérité, quand il n’en porte pas, c’est hautement improbable » B.Dylan

Sa présence est précieuse et encore une fois il s’amuse de nous autres. Il s’amuse de ce passé sans le renier, bien au contraire. Je pense qu’il l’embellit, qu’il lui donne un second souffle, comme une seconde chance à travers les méandres de sa mémoire. Qui a décidé quoi là dedans ? Cela restera un mystère…

Le personnage de Van Dorp imaginé par Martin Scorsese pour les besoins du film est une sorte de réalisateur fictif qui permet aussi à l’ensemble de suivre une trame qui sort du simple concept de la Revue. Il justifiera en partie les nombreuses scènes miraculeusement tirées du temps passé sans que cela semble totalement décousu.

Cependant on est en droit de regretter l’absence de certaines figures importantes, je pense surtout à Bob Neuwirth. A l’inverse parmi ceux que je ne pensais pas voir interviewé et qui a finalement toute sa place dans le récit, c’est Larry « Ratso » Sloman, journaliste pour Rolling Stone à l’époque et qui fait figure de « fan » plus que de reporter au milieu de la troupe. Il a ce côté insupportable du type qui veut se comporter comme Dylan, jusqu’à vouloir lui ressembler. Malgré tout, il nous livre ici un précieux témoignage avec un regard extérieur faisant écho à son livre recommandable Sur la route avec Bob Dylan publié en 1995 et traduit en français en 2015.

Tonnerre Hurlant

Au milieu de cette foire humaine, Dylan apparaît comme une vulgaire bête de scène. A ses côtés, tout le monde espère son heure de gloire. C’est un clown porte bonheur. Entouré de cette frénésie glorieuse, Bob Dylan peut heureusement compter sur la sincérité d’autres génies telle que Patti Smith, la rimbaldienne ou encore Johnny Mitchell, l’inattendue qui le rejoindra un peu plus tard sur cette tournée.  Au début du documentaire, la tempête qui se faufile à l’horizon est encore loin des côtes. Tout ce joli monde se met en place lors de répétitions filmées et millimétrées pour que tous les bouffons foutent la paix au Roi: «C’est un grand garçon, il sait ce qu’il veut». Et déjà le son se met en place. Et déjà les essais sont délicieux : She Belongs to Me et ses chaussures en nylon, l’innocence des premières fois avec un One More Cup of Coffee délicieux. Le groupe est en passe de venir un Jug band, un groupe de musique composé de musiciens qui utilisent à la fois des instruments traditionnels et d’autres bricolés. Mais finalement, ce ne sera pas exactement cela pour Dylan. L’ambiance se rapprochera peut-être davantage d’une sorte de troupe itinérante style Comedia Del Arte, comme l’explique un Bobby fatigué au téléphone de Ratso (chapeau bas à l’archiviste au passage !).

« Je suis immense. J’ai contenance de foules en moi ». W.Whitman

Le groupe s’appellera « Guam », la tournée « The Rolling Thunder Review », ce qui signifie « dire la vérité » en iroquois. Le chant des bombes américaines sur les campagnes vietnamiennes n’est pas si loin derrière mais il n’est pas question de regarder en arrière justement. Alors peu importe si ces noms servirent de code pour l’armée américaine. Le peuple américain n’aura tiré aucune fierté de cette apocalypse militaire. Et Dylan de reprendre sa chanson fétiche de son passé de « protest singer » : Hard Rain, distribuée dans une version violente, le chant des bombes, et la voix du poète déblatérant un texte qui n’aura pas eu le retentissement escompté à l’époque. Bobby livre sa version avec un ton presque ironique, une urgence à bout de souffle qui n’en est plus une. Le numéro de quelques clowns désabusés, plus proche du grotesque que du burlesque. Lui et son masque peinturluré sur le visage, sa mâchoire affûtée, l’œil vif,  on imagine des images de guerre défiler en arrière plan. Les musiciens, quant à eux,  se contentent de jouer de plus en plus fort, de plus en plus vite, distribuant des riffs de guitares sanglants. Hard Rain est l’un des temps forts de cette tournée, c’est indéniable, en terme de performance scénique et de contexte politique. La Rolling Thunder parviendra-elle à rallier la jeunesse américaine ? Peut-être. Non. Peu importe, ce n’est pas le but, d’aucuns ont vu un quelconque rassemblement politique durant ces 2 mois de tournée. Faites la fête, rejoignez votre communauté, éclatez vous « life is too short »

ISIS ou sa plus improbable performance scénique

Coup de tonnerre. L’aigle américain se dessine à l’écran, affublé de LSB survolant la côte Est et ses icônes de la Grande Amérique, «I married Isis on the fifth day of may» Que veut dire Bob Dylan ? C’est étrange cette façon qu’il a de se tenir au centre de la scène sans guitare, costumé comme un Pierro shooté à la codéine. Il n’a pas l’air dans son état normal. Il fait de grands gestes, prenant des allures de mime, le voilà à parler d’une aventure vers un pays sauvage et inconnu où il dit ne pouvoir faire d’erreurs ? De toutes les performances diffusées dans le documentaire (et j’ose espérer un DVD avec des bonus nous offrant l’intégralité des morceaux découpées au montage), cette chanson est la plus forte.

« It’s a song about mariage and it’s called Isis ». B.Dylan

La symbolique Dylanienne à son apogée et les énigmes en pagaille m’ont happé. J’ai eu l’impression de voir un Conteur d’histoires censurées de quelques livres divins, avec un groupe à ses côtés qui n’aura jamais été aussi bon. Dylan se retournera à plusieurs reprises vers eux, l’harmonica hors micro à insuffler l’énergie profonde de la chanson et la manière dont il veut qu’elle soit interprétée. FORTE. Le zoom sur son visage blanchi accentue la performance. En voyant ces images, je ressens une transe qui vient de l’intérieur. Isis est une quête introspective que l’auteur tente d’insuffler à son audience. Isis est tout sauf quelque chose d’humain ou de palpable. Selon moi, le summum de chacun des concerts de cette Rolling Thunder Review.

Le retour du Protest-Singer

Et des concerts sur cette tournée il y en aura une petite trentaine si l’on compte également ceux donnés en cours de journée et les autres « performances » inédites. Parmi ces dernières, la prestation à la prison de Clinton, celle de la salle de « bingo » pour sexagénaire (!!!), avec un Simple Twiste of Fate totalement renversant, presque loufoque et enfin celle au sein de la Tuscarora Indian Reserve.

Cette dernière est la plus émouvante. Dylan au sein de la communauté Iroquoise livre une interprétation d’Ira Hayes dans une salle où tout le monde ne semble d’avoir d’yeux que pour lui malgré son anonymat. Des enfants aux vieillards, du fond de la salle au balcon supérieur, tous observent un homme à la voix enrayée qui s’applique comme il peut à conter une histoire d’un indien parti à la guerre. Encore un instant suspendu qu’aucun d’entre nous auraient imaginer voir un jour ! Suite à cette prestation, Bob se voit remettre un collier par le porte parole de la tribu, un sourire d’enfant aux lèvres.

Dylan est regonflé à bloc. Lancé dans un nouveau style d’écriture, presque cinématographique, il compose cette année là le grand réquisitoire pour la libération d’Hurricane Carter, boxeur noir, enfermé à tord à cause de sa couleur de peau. On reconnaît l’ombre du jeune Bobby qui chantait au milieu des champs de coton pour la cause noire, Only a Pawn in Their Games, The Times They Are A Changin’ ou Hattie Carroll. Scorsese nous livre ici des images de concerts inédites où l’on voit le chanteur dans une trans quasi chamanique à débiter avec véhémence les couplets de The Lonesome Day of Hattie Caroll qu’il ne cessera de chanter sur scène jusqu’au dernier souffle de ce William Zanzinger en 2009.

La route est longue donc et mènera au dernier concert sur la liste, le 8 décembre 1975 au Madison Square Garden de New York pour la nuit de l’Ouragan, dédiée à Hurricane. Scorsese aurait pu se planter en concluant son film par ce concert peu représentatif de cette tournée. Il n’en est rien, et c’est tout à son honneur de ne pas en avoir diffusé les images, même si on peut le regretter.

Les Fous du Roi

On ne peut qu’être sidéré par la folie artistique qu’englobait cette tournée et la diversité de ses artistes. Mis à part le trop court moment où l’on voit Joan Baez danser au milieu de guitares enragées et Ramblin’ Jack Elliot chanter Pretty Boy Floyd on est en droit de se demander pourquoi le réalisateur a décidé d’exclure cet autre aspect de la tournée? Parce que les concerts duraient parfois 4 heures avec 18 musiciens à se produire dans des salles qui les obligeaient parfois à revoir le déroulement du show. On ne peut que ressentir un pincement au cœur pour le pauvre Allen Ginsberg quand ce dernier est mis sur le banc de touche alors qu’il ne demande que 5 minutes de temps de passage.

La Rolling Thunder a des allures de fête tribale. Dylan est comparé ici à Henri VIII et sa Cour gravite autour, espérant avoir son heure de gloire quitte à laisser sa dignité au vestiaire. Je suis tout aussi surpris que Ratso dans le documentaire, de savoir Ginsberg et son compagnon Orloski trimbaler les bagages et prendre le rôle de laquais. La Rolling Thunder a sans doute perdu de son éclat en cours de route, au détriment de l’autre grand poète de cette review. Comment Ginsberg peut-il être relégué au second plan ?  Dylan lui même apporte une réponse dans le film en qualifiant Allen de grand poète, sans être un performeur. Il contre dit aussi Ramblin’ Jack Eliott sur l’aspect paternaliste de Ginsberg. «Non, c’est faux, Ginsberg était tout sauf une figure paternaliste». En résumé, Ginsberg sera le valet de cœur appelé sur scène uniquement pour le rappel et pour jouer du triangle en chantonnant This Land Is Your Land. Il ne fallait pas être rancunier ni trop avoir d’estime de soi pour évoluer aux côtés de Dylan dans les années 70…

Brèves de Comptoir. Love is Just a Four Letter Word

Tu vois l’idée serait de voir Joan et Bob en face à face accoudés à un bar foutrement mal décoré, carrément kitsch, à se demander ce qu’ils font là. Il y aurait des cadres loufoques un peu partout, des bouteilles de gnôle qu’on ne sert nul part,  mais elles seraient juste disposées derrière eux pour faire jolie, comme ces bouteilles de Grand Marnier que l’on trouve en France. Et là, au milieu de cette canopée alcoolisée, on assisterait à un échange entre les deux anciens tourteaux folks, déblatérant sur l’Amour figure toi.

« Jack Kerouac écrivait très vite à la machine ! Tu écrivais vite à la machine aussi. Je me souviens très bien, je te ramenais de la salade et du vin rouge quand tu tapais à la machine. Pourquoi chantes tu cette chanson aujourd’hui ? Parce que tu ne la joues plus. Te souviens tu ? Oui, je me souviens de la vue sur l’océan Pacifique depuis Big Sur. J’ai épousé la femme que j’aimais. Et moi l’homme que je pensais aimer. Tu vois la force des pensées ? Ça te bousille la vie. C’est le cœur qui décide, pas le cerveau.»

Nous sommes les derniers prophètes à la recherche des âmes qui ont déjà été vendues. Je me souviens lui aussi criait si fort «debout, debout !» comme toi l’autre soir. Oui je vois. Tu ne devrais pas te considérer comme un martyr Bob. Un martyr de quoi ? Je ne me considère en rien comme un martyr, je ne suis pas leur Roi, c’est tout. Mais ils n’ont personne à suivre, ils se sentent seuls. Peut-être mais je n’aurais bientôt plus assez de salive, mon souffle brûle,  vois les flammes qui s’échappent de ma bouche ! Ils veulent ma mort. 

Sur le point de (re)naître

Bob Dylan assurera un acte II à la Rolling Thunder Review au printemps 1976. En plein conflit avec sa femme Sara, ses concerts seront plus noirs, plus violents. Si le corps sera omniprésent, l’Esprit d’origine aura lui disparu. Le cirque ne fera que changer de ville pour ne pas avoir à s’ennuyer ramassant au passage un nombre de spectateurs toujours plus important, ce qui n’était pas le but au départ. Dylan fatigué de sa tournée de 1974 dans des stades à guichet fermé sera en quête d’aventure, pas d’une réussite en terme de bénéfice.

« J’ai vu les plus grands Esprits de ma génération détruits par la folie » A.Ginsberg

Les poètes ne sont plus écoutés, les textes sont chantés aujourd’hui. Le poète est un troubadour qui doit donner le palpitant à la foule, exulter le rythme, le battement qui mène à la Vie. Tout homme digne de ce nom doit se résoudre, comme Galaad, à la recherche du St Graal. C’est la quête absolu à chacun, et notre poète aux semelles de vent, notre homme au tambourin, notre faucon d’été se résoudra à poursuivre cette quête qu’il a bâti depuis qu’il a entendu Elvis pour la première fois, depuis qu’il a lu l’Odyssée d’Homère étant gamin.

« Des promesses à tenir et un long chemin à parcourir avant de dormir ». R.Frost

«Que reste-il de cette tournée aujourd’hui Bob ? Rien. Absolument rien. Des cendres.». Pas même le sang qui coule le long de mon visage au moment de frapper à la porte du paradis. De quel paradis d’ailleurs ? Tout cela est éteint depuis le distant rivage de Dieu. Comme Galaad, je serais le seul, au terme de ma quête, à pouvoir regarder à l’intérieur du Graal. L’homme solitaire aura atteint son but final. Alors enfin, j’irais frapper à la porte du paradis. Enfin, j’aurais trouvé l’ultime endroit pour me cacher du Monde. 

« Vous qui avez tout vu, ou avez vu des fragments, prenez exemple sur nous, ressaisissez vous,changez votre attitude, trouvez votre communauté, trouvez une sorte de Rédemption qui vous convient, soyez plus attentif à vos amis, à votre Travail, à votre propre méditation, à votre Art, à votre beauté, et faites quelque chose pour votre propre éternité » A.Ginsberg, Montréal 1975.

Un avis sur “Bob Dylan troque son auréole contre un masque de troubadour

  1. Rien d’autre à ajouter, je ne peux pas faire mieux ! Je vais quand même essayer. 🙂 De même que je vais faire un « digest » des avis des copains du Forum, tant ils sont contrastés, allant même jusqu’à la détestation de film !

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