Bob Dylan au Grand Rex – avril 2019

Le Never Ending Tour 2019 est passé par Paris en ces 11, 12 et 13 Avril 2019, au Grand Rex. N’ayant pas eu la chance de le voir cette année sur scène, je dois me contenter de lire les retours de mes amis du forum Shelter From the Storm


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Les récits

La Review de jplambert :

La réunion du vendredi soir avant le concert avec le mélange du fan club de Dylan et des membres du forum des Stones s’est déroulée de façon charmante. Laurette a partagé ses souvenirs de quelques concerts de Dylan sur les 400 concerts auxquels elle a assisté, la nuit n’aurait pas suffit pour écouter ses récits et l’heure du concert était proche.
Le Grand Rex est une salle magnifique avec un ciel étoilé qui a du inspiré le Zim. Le concert du vendredi soir a été pour moi un très grand concert de Bob avec des versions sublimes d’une set liste qui n’évolue pas beaucoup depuis la reprise de la tournée 2018/2019. Dylan a abandonné  les reprises de Sinatra, il a repris l’harmonica  pour mon plus grand plaisir par rapport à Barcelone il y a un an.

C’est pratiquement deux heures de concert que nous a offert Bob, certains diront sans un mot, sans présenter les musiciens, sans dire au revoir, et alors devrais je bouder mon plaisir d’avoir les larmes aux yeux lorsqu’il entame Simple twist of Fate, When I paint My Masterpiece (début seul au piano et le groupe qui le rejoint)  ou Don’t think twice pratiquement seul au piano et ce solo d’harmonica, pour moi les deux soirs, le morceau qui restera longtemps gravé dans ma mémoire. Le final It Takes A lot to laugh, It Takes A Train to Cry ressorti des ténèbres, permet à Bob de quitter la scène discrètement, laissant les musiciens entamer  Just Like Tom Thumb’s Blues avant de quitter la scène les uns après les autres.

Le second soir Margaux m’accompagnait et découvrait à 19 ans Bob Dylan sur scène, elle a été tés attentive et a semblé apprécier la prestation. En a pu prendre quelques photos lors du final (service d’ordre très sévère sur ce sujet) que je trouve très réussies. Pour ce second concert nous étions juste au dessus du piano de Dylan, est-ce cette position qui me fait dire que le second show a été encore plus beau que le précédent, les pas de danse esquissés à la fin de Scarlet Town ou le salut plus appuyé en tenant le micro au centre de la scène ?

1. Things Have Changed (Bob on piano)
2. It Ain’t Me, Babe (Bob on piano)
3. Highway 61 Revisited (Bob on piano)
4. Simple Twist Of Fate (Bob on piano and harp)
5. Cry A While (Bob on piano)
6. When I Paint My Masterpiece (Bob on piano)
7. Honest With Me (Bob on piano)
8. Tryin’ To Get To Heaven (Bob on piano)
9. Scarlet Town (Bob center stage)
10. Make You Feel My Love (Bob on piano and harp)
11. Pay In Blood (Bob on piano)
12. Like A Rolling Stone (Bob on piano)
13. Early Roman Kings (Bob on piano)
14. Don’t Think Twice, It’s All Right (Bob on piano and harp)
15. Love Sick (Bob on piano)
16. Thunder On The Mountain (Bob on piano)
17. Soon After Midnight (Bob on piano)
18. Gotta Serve Somebody (Bob on piano)

(encore)
19. Blowin’ In The Wind (Bob on piano)
20. It Takes A Lot To Laugh, It Takes A Train To Cry
(Bob on piano)
21. Just Like Tom Thumb’s Blues (instrumental)

(Source Expecting rain.)

La review de gengis_khan

Merci JP pour ce sympathique compte rendu et pour ta présence à l’apéro d’avant concert de vendredi ! C’était d’ailleurs très sympa de retrouver, ou rencontrer des gens comme vous tous, tout en déblatérant sur vieux fou qui n’a pas fini de nous hanter.

Bon, je vais être très honnête, Dylan m’a sidéré lors de ses 2 concerts du Grand Rex. Le vendredi soir tout d’abord, j’ai eu la chance d’être au 1er rang (for the very first time) et d’avoir ce regard à quelques mètres du mien. Sensation indescriptible dès l’ouverture sur Things Have Changed et une acoustique imbattable dans ce superbe théâtre du Grand Rex que je découvrais pour la 1ère fois. Un pied gigantesque de le voir marcher center stage pour Scarlet Town qui m’apparaît de plus en plus comme LA chanson autobiographique du concert. Gavé de rictus et le smyle sur son visage de mort vivant, il m’a ensorcelé l’espace de 5 minutes (et je n’étais pas le seul). Et que dire du Band? Je me suis concentré essentiellement sur le jeu de Charlie au 1er concert, d’une précision remarquable, ce mec est définitivement très fort et Dylan l’aura tapé à 2 reprises sur l’épaule ce soir là. Grande classe, on peut difficilement espérer mieux de sa part! Tony est un maestro qui est le seul à observer autant Bob (avec Donnie aussi mais qui se concentre davantage sur les touches du grand piano vu sa place sur scène).

Vendredi était très bien, samedi était grandiose. 14ème rang en orchestre avec un ami qui m’a rejoint pour l’occasion (son 3ème concert de Dylan), nous nous sommes délecté des fauteuils inclinés et encore une fois du son exceptionnel de la salle (vraiment bluffant). Je classe le concert du samedi 13 avril comme l’un de mes meilleurs de Dylan, tant pas l’intensité, que par la performance, le choix des morceaux, la réaction du public (je retire tout ce que j’ai pu dire dans le passé sur le public parisien),  ma place assise… J’ai aussi rarement vu un concert de Dylan filer à une telle vitesse…1h50 de concert qui en paraissait 1h. Et mon ami (beaucoup plus objectif que moi!) a lui aussi été emporté par le concert et la présence de Bob. Il avait beaucoup aimé ses 2 premiers concerts (Amsterdam 2013 et Dublin 2014), mais jamais il n’avait entendu Dylan chanter comme ce samedi soir à Paris. 

Je me suis beaucoup concentré sur Bob lui même, focus et ahuri par sa performance, dans ce cas là tout ce qui m’entoure disparaît intégralement. Mon cœur battait fort la chamade samedi soir et j’ai été ému aux larmes comme jamais lors d’un concert de Dylan sur Don’t Think Twice comme beaucoup d’entre vous. Le sommet du concert, même si tout le reste est d’une réussite inégalée jusqu’à maintenant, il arrive à faire lever les 2800 personnes pourtant confortablement installées, à la fin du morceau. Un seul projecteur braqué sur le piano aussi brillant que les étoiles du Grand Rex, des musiciens concentrés, un silence d’église dans la salle… Ne vous attendez pas à écouter Dylan chanter cette chanson comme s’il avait 20 ans, l’homme d’avant hier en avait bien 77 et toute la sagesse qui va avec. Don’t Think Twice n’était pas cassante ni vengeresse, elle était douce et nostalgique… Je n’ai jamais ressenti l’émotion me submerger à ce point et sur l’instant j’ai eu le sentiment d’assister au plus grand moment de sa carrière. Derrière le Love Sick m’a achevé et je n’étais plus qu’une masse mouillée incapable de dire un mot.

Ce concert du 13 avril peut bien être le dernier de ses concerts parisiens, son dernier passage en France, mon dernier concert tout court ! Je serais heureux, en étant certains d’avoir vu Dylan « On Top of the Hill ». Et je dois même vous dire que le second rappel sans Dylan m’a réjouit. Premièrement parce que les musiciens ont enfin un final qu’ils méritent où chacun est applaudis, et secondo parce que Dylan quitte la scène, mais sa musique continue d’être jouée, even if his back is turned: « May your song always be sung » !

la review de tom paine

En complet accord avec vos super comptes rendus Gengis et JP, totalement en phase avec mes impressions le soir du jeudi 11. 

C’était un plaisir de vous retrouver au bar, de rencontrer beaucoup d’entre vous, et de partager ces discussions ensemble, dans un mix stoniens/shelteriens improvisé très cool ! Je souhaite aussi remercier Gengis, pour avoir organisé le rdv parisien.  

Very Happy

Plaisir aussi de rencontrer la légendaire Laurette, de l’accompagner à la recherche de son « friendly ticket » le vendredi, et de tenter moi même le coup – avec beaucoup moins de succès le samedi !!!  

Laughing

Vous avez déjà souligné l’essentiel, je vais revenir sur les moments que j’ai préféré : 

Il faut quand même dire quelques mots sur l’intro : notre héros se paye désormais le luxe d’une entrée sur scène gentiment mégalo, utilisant un fragment du Sacre du Printemps pour apparaître dans la pénombre, dans un effet quasi cinématographique qui avait toute sa place dans une salle telle que le Grand Rex. Ces premières secondes passées, ainsi que la joie d’apercevoir de nouveau cette silhouette légendaire se découper devant nous, on ne peut que louer une fois de plus son talent intact pour esquisser – tel un peintre – une atmosphère dès les premières notes, nous transporter l’espace de 2h dans une autre époque. 

Ce soir, la carte 50’s fut jouée dès le départ avec l’habituel Things Have Changed testamentaire suivi d’un It Ain’t Me Babe somptueux (première fois que je l’entendais), et étrangement non affecté par la déconstruction typique du NET. La voix de Bob, claire, articulée, et caressée par la pedal steel guitar, épousa miraculeusement la mélodie originelle d’un titre gravé il y a … 55 ans. Première moitié du set ainsi marquée par ce son clean, et une belle alternance « rockers » et ballades : là où Highway 61 enfonce le clou – martelage de piano à l’appui, Simple Twist of Fate arrondit les angles et rassure les oreilles frileuses : quelques notes d’harmonica sont égrenées pour la première fois. D’ailleurs, le public se prend vite au jeu, les applaudissements sont sincères, les gens écoutent, fredonnent silencieusement, et rêvent ensemble.

Dans l’ensemble un concert sacrément bien construit, zieutant malicieusement vers le passé, et souvent, des clins d’oeil musicaux, j’ai l’impression que depuis la phase crooning, Bob cite de plus en plus d’autres songbooks dans son élaboration de sets : après Stravinsky, le vieux sage rentre dans le dur et nous propose une version de Cry A While citant carrément Rumble, on l’a dit, titre vénéré par Dylan, et d’ailleurs repris une fois à Londres au début des années 2000 – cf les magnifiques boots de 2003 que vous connaissez tous ici. Beau moment d’intensité où je me prend quand même à avoir envie d’un son plus fort, plus saturé … A ce stade du concert, et malgré les jams délirantes marquant chaque fin de couplet, l’extase n’est pour moi pas encore totale, Charlie, toujours impeccable, devrait bien plus secouer ce mix propre avec ses interventions.

Tryin To Get To Heaven maintenant : toujours un sentiment mitigé, enfin la chance d’entendre ce titre, hélas pas sa meilleure incarnation – mais surtout de la joie tout de même, et, la voix , la voix du barde me porte, surtout lorsque vient le couplet du parloir et son fameux : « I’ll close my eyes and I wonder /If everything is as hollow as it seems ». Ouah, les frissons quand même, merci Papy. 

Effectivement cette setlist passe à une vitesse folle et très vite on se retrouve avec le joyau de la couronne : Scarlet Town. A l’évidence l’une des plus spectaculaires de la soirée, pour moi au dessus même de Think Twice le jeudi, Bob au centre pour l’unique fois, bien conscient de la puissance évocatrice de son titre, joue de son aura, de sa gestuelle, l’intensité qui marquait les versions « center stage » de Love Sick jusqu’en 2017 est désormais totalement transférée dans ce titre, 6 minutes suspendues dans le temps, presque irréelles : d’ailleurs, il regagne vite son piano, tel un fantôme, venu nous souffler à mi mots que l’amour est un péché et la beauté, un crime. Je suis tout à fait d’accord avec toi Gengis, pour dire que c’est le titre le plus autobiographique et personnel des concerts actuels.

A l’inverse, Pay In Blood est je trouve l’exemple typique du titre qui a évolué dans le mauvais sens : aucun intérêt à ce nouvel arrangement, pour moi le seul véritable raté de la soirée. 
Comme un phare dans la nuit, l’intro de Like A Rolling Stone « récompense » les non habitués – comme l’a souligné lemurp dans son compte rendu de Prague. Il faut le dire, c’est un arrangement quasiment burlesque, qui appelle à la participation du public, grâce à sa cassure en milieu de couplet ! Je me souviendrai du Zim, droit comme un i, fier de son coup, entamant avec panache chaque refrain, devant un Tony Garnier souriant. Au troisième rang, j’aperçois une courageuse spectatrice se lever en tentant d’entraîner la salle dans un élan général (!). 

A partir d’Early Roman Kings, crescendo d’intensité et d’engagement dans la performance : après Link Wray, Muddy Waters. La version livrée jeudi fut très bonne, et d’après des retours, celle de vendredi fut exceptionnelle. Fantastique version de Don’t Think Twice, vous avez tout dit, j’ai compté deux projecteurs braqués sur Bob le jeudi, et retrouvé des émotions semblables à la découverte du Shelter version 2015. Curieusement, ce ne fut pour autant pas le pic de la soirée pour moi.

Love Sick, il faut le reconnaître, n’est plus aussi puissante qu’avec ses deux guitares, même si Dylan la chante toujours formidablement bien, et que le swing de George permet des variations intéressantes. Thunder On the Mountainest à l’inverse un moment d’euphorie pure : l’espace de 5 minutes, l’impression de contempler un orchestre de pionniers du rock n’ roll 50’s, un côté surf music totalement déjanté, dylanesque en tous points, même si le riff est un clin d’oeil aux Beach Boys. En fin de set, une énergie blues inédite pour moi avec Dylan ! Après un Soon After Midnight standard mais plaisant, le temps du final: Bob nous a prévenu « I’ve already confessed/No need to confess again » Gotta Serve Somebody, attendu pour ma part depuis des lustres : le retour d’une chanson Born Again en final du set : il fallait au moins ça pour remplacer Long & Wasted Years, et vu le remaniement spectaculaire des paroles, c’est quasiment un nouveau titre qui nous est proposé. L’arrangement rapide est une réussite, il me tarde d’entendre le boot pour creuser ces nouvelles paroles géniales : « they might call you mystic/you may be mister Soul » !! 

Quant au rappel et en particulier Train To Cry ce fut pour moi le sommet du set jeudi : Charlie Sexton, sensationnel, déchaine un jeu blues virtuose sur de longues mesures. Le jeudi, Bob ne lui a pas tapé sur l’épaule, mais était complètement dans le truc vocalement, malgré un oubli de paroles (nous avons eu 2 fois « don’t my girl look fine when she’s comin’ after me »!). Lorsqu’il amorce le jouissif et furieusement nasillard« I wanna be your lover babe, I don’t wanna be your boss », je m’entends hurler à plein poumons, miraculeusement accompagné par d’autres barbares non loin derrière moi !! Depuis j’écoute le titre en boucle, meilleur finish de Dylan que j’ai vu à ce jour, pas moins. Tom Rhumb’s Blues est un joli coup de maître, je n’aurais pas dit mieux que Gengis : « il quitte la scène mais sa musique continue d’être jouée« , derrière la symbolique très forte, un hommage touchant peut enfin être rendu au formidable groupe du NET, Garnier, Sexton, Receli, Herron, je me souviendrai de ces noms, et souhaite que ce rappel continue sur les prochaines dates, c’est, je trouve un geste très classe qui apporte une chaleur inédite à un show de Dylan : jeudi, les sourires étaient sur tous les visages, je n’ai pas compté le nombre de « c’était extraordinaire » entendu dans le hall, l’impression qu’enfin, il y a eu une communion, que ce set triomphe et rassemble, c’est juste beau !!
Vivement Hyde Park ! 

cheers

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