Le « Spring NET 2017 » de gengis_khan

Voilà, le cirque était en ville, mais est reparti à présent.

Voilà, le cirque était en ville, mais est reparti à présent. Le temps pour moi de dresser un petit bilan de ce qui aura été mon spring NET 2017. Et c’est plutôt positif. 4 dates. 2000 km parcourus, quelques litres de bière, des mégots calcinés et 2 places tombées du ciel. Pour la petite histoire, j’ai eu la chance de rencontrer la sœur de James Trussart (connu pour être le luthier de pas mal de zicos, dont Dylan Garnier et Sexton), Annie Trussart donc qui m’a offert une place à ses côtés dans la nouvelle Seine Musicale. L’anecdote est belle, la nana super cool, l’échange intéressant. Anvers c’était chouette aussi, pas de billet en poche, j’ai fait confiance à mon aura et mes bonnes ondes, ça a marché et j’ai fait de belles rencontres. Ce qui n’a pas été dépensé pour le Zim l’aura été en breuvage belge, Oh God !

Je ne vais pas dresser un bilan concert par concert mais plutôt en tirer une humeur d’ensemble. On a beau se dire que c’est chaque fois le même set, ce n’est jamais le même concert, même si, et il faut l’avouer, le jeu de scène du Zim (qui est absolument génial) est à chaque fois quasi identique. Alors pourquoi vouloir retourner le voir bordel ? Et bien pour le voir justement, s’en imprégner, de cette trogne qui balaye du regard ses musiciens affairés. Justement ses zicos, parlons-en, Dylan peut se vanter d’avoir l’un des meilleurs groupes au monde. Il leur laisse davantage de place qu’en 2011 par exemple où j’avais souvenir que Bob voulait à tout prix aspirer le moindre solo un peu trop affirmé de Charlie. Alors cela nous offrait de belles parties d’orgue et un harmonica inspiré, mais quelque chose manquait. Ce quelque chose aujourd’hui ne manque plus, Dylan est un chef d’orchestre magistral au milieu de costards bleu nuit qui le surveillent à ses moindres gestes. Je retiendrais la communion qui règne au sein du Band, à Esch sur Alzette, où j’ai pu me hisser au premier rang (fosse debout) pour profiter du jeu scénique de tout ce cirque fabuleux. Ce soir là, Dylan n’a pas arrêté d’aller voir ses musiciens et de déconner avec eux, taper dans la main de Donnie, aller susurrer quelques mots doux (ou pas) à Georges ou bien mater le doigter phénoménal de Charlie sur un solo. Ce soir là, comme tous les autres soirs, Dylan n’a pas jeté un seul regard en fosse, sauf lors du salut final. Par contre, il n’a pas arrêté de surveiller sa cavalerie, voir si la prochaine symphonie serait la bonne. Et cela a fonctionné à chaque fois. Incroyable Bob Dylan & his Band. Incroyable.

En comparaison, il y a des soirs où ça peut déconner. Je m’en suis rendu compte à Anvers (et m’en suis beaucoup amusé), Dylan n’était pas dedans, très distant, il a par exemple décidé de complètement s’écarter de la scène lors du début de Melancholy Mood, laissant le soin à Charlie d’assurer la bonne entrée en matière du morceau . Et vas y que je vais faire un tour en coulisse dire je sais pas trop quoi (peut-être rien?) à un ingé son qui aurait mal fait son boulot, puis je reviens vers mon piano sur lequel je prends des postures de statue grecque, puis non, vous me faites chier, je retourne faire un tour du côté des coulisses… Dylan a la bougeotte et la trouille scénique, plus qu’avant, c’est assez troublant. Il y a 3 micros en devant de scène, à aucun moment il ne les utilise, préférant en choper un autre pour aller se planquer en fond de scène, entre son bassiste et son guitariste.

Dylan le crooner fantomatique qui ne laisse rien au hasard, tout semble orchestré, planifier à la perfection. On se dit que tout peut basculer, qu’il va aller chercher un harmonica (même dans la mauvaise tonalité à la limite, on s’en fout!) mais il ne le fait pas. Dylan ne veut plus surprendre par ses sauts d’humeur sur scène. Il veut que tout aille comme la veille, comme demain, il est comme ces p’tits vieux que la routine rassure. Dylan vieillit. Mais Dylan vieillit bien. Parce que tenir cette cadence infernale de Never Ending Tour à bientôt 76 ans, il faut le faire et je dois vous avouer que pour l’avoir suivi pendant 5 jours, cela m’a impressionné. Parce que sur scène, le corps bouge, l’esprit vagabonde, le corps se lève, puis déambule, tranquillement sur une scène parfois tamisée, d’autres fois colorée, même le jeu de lumière semble suivre la conviction de Dylan. Les rares sauts d’humeur du maestro se révèlent au détour de quelques couplets fraîchement nobélisés, où l’homme qu’il est aujourd’hui, revoit l’homme qu’il était auparavant, et qu’il est peut être encore, allez savoir…

A ce sujet, parlons des chansons. Un set figé. Sans surprise. C’est la première fois que j’allais à un concert de Dylan en ayant la conviction que rien ne changerait. J’avais raison. Lors du 2ème et 3ème soir, par moment, ça me faisait chier que tout soit statique, sans étonnement, oui, l’énervement me traversait l’esprit à quelques instants, et puis je me concentrais sur ce que j’avais en face de moi. Et je donnais raison à Dylan et à ses choix, de bons choix, à une exception : pas d’harmonica. Ce qui manque cruellement, particulièrement sur certaines chansons comme Tangled Up in Blue, Spirit on the Water ou même le lassant Blowin in the Wind. Ouai, sans harmo, il manque un élan, une étincelle qui fait Dylan… il ne voulait pas en jouer, ou tout simplement il estimait que l’instrument n’avait pas sa place à la fin de ces chansons… pourquoi pas. Moi je pense à l’inverse que l’harmonica manquait, qu’il offrait plus d’élan que les solos de piano. De plus c’est une sympathique signature que le public sait reconnaître et applaudir. Dommage donc.

Et puis arrive un moment dans le concert  où l’on ne se pose plus ce genre de questions, superflues, presque outrageantes ; l’harmonica, le choix des chansons, la couleur des costumes, tout ces détails deviennent bien illusoires. Parce que Stu a attaqué le riff de Love Sick et que Dylan ne laisse même pas le temps à la guitare de respirer, aux lumières de s’allumer, qu’il est déjà en train de insuffler le premier couplet:

I’m walking …

Un silence d’église s’abat dans la salle, un silence de mort dont on ne sait pas s’il est question de résurrection en sursis ou d’abysse éternelle. A ce moment précis tout s’arrête, et Dylan arrive l’impossible. Il arrive, avec ses musiciens, à recréer l’atmosphère pesante de la version studio enregistrée pour Time Out of Mind. Cette chanson il l’a jouée des centaines de fois, dans des versions excellentes (je pense à 2000 ou bien récemment à 2015 ou il la balançait, rageur, en fin de concert). Mais rien de comparable avec cette nouvelle version. Saisissante. Un (le?) summum du concert.

L’autre temps fort de ces 4 concerts, c’est le nouveau Stormy Weather. J’ai eu du mal la première fois à Paris, pas encore tout à fait en place, je l’ai de plus en plus apprécié par la suite. Elle remplace Scarlet Town dans le set et même si ce sont deux chansons très différentes, elles ont en commun une pesanteur assez similaire, dans une durée pourtant, contradictoire. Peu d’espoir dans Scarlet Town, une once de douceur pour Stormy Weather à travers la pluie qui se dessine au loin. La musique est géniale, le faisceau lumineux blanc sur le grand piano et Dylan, debout, instant magique. La meilleure reprise des 4 soirs même si l’ensemble était à la hauteur. Pas de déception du côté des reprises si ce n’est Melancholy Mood (ma pause pipi), et un excellent Black Magic qui montre tout le talent du Band une nouvelle fois, et particulièrement Georges et ses baguettes.

Enfin, je retiendrais l’autre chef d’œuvre, particulièrement réussi à la Seine Musicale : Desolation Row. Pareil que pour Love Sick, on connaît de sublimes versions de ce morceau qui a plus de 50 ans, mais ce soir là on sentait que Dylan et le groupe s’appliquaient et façonnaient chaque seconde avec allégresse et précision, comme si c’était la première fois qu’ils allaient la jouer. Et quand le morceau, mené de mains de maître, s’enflamme grâce à la voix de Bob qui s’oublie sur les deux derniers couplets, c’est juste dément ! Standing ovation les 4 soirs, particulièrement à la Seine Musicale et au Luxembourg.

Et maintenant ? We’ll not try to change him now…

Que nous réserve-t-il d’autres ? A t-il encore plusieurs tours dans son sac ou bien commence t-il à rendre les armes? A s’écarter doucement du devant de la scène, toujours un petit peu plus afin de nous montrer qu’il se contentera bientôt du noir? It’s not Dark Yet but it’s getting There …Tout n’est que spéculation autour du passé, du présent et de l’avenir de Bob, j’ai fini par me faire une raison en discutant avec des « Bobcats » ou certains d’entre vous. On ne peut rien prévoir. Tout est possible, et c’est ce qui rend la chose passionnante.

J’espère que pour ceux et celles qui ont eu l’occaz de le voir, vous avez pris du plaisir. J’espère lire vos critiques. Ça m’a fait plaisir de revoir certains d’entre vous. En espérant que ce forum perdure car il est riche de ses membres et des infos !

À la revoyure bande de dingue, et vive Bob !!!

gengis_khan (pour le retrouver, c’est ici : Forum Shelter From The Storm…)

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s